blog

Rio Mavuba nommé entraîneur principal de Bordeaux : l'avenir sportif du club entre ses mains

par The Name Whisperer 6 min de lecture

L'ancien international français Rio Mavuba a été nommé entraîneur principal des Girondins de Bordeaux suite au licenciement de Bruno Irles. Le quadragénaire de 42 ans prend en charge l'équipe senior pour la première fois de sa carrière d'entraîneur, avec pour mission d'assurer la montée en National avec seulement sept matchs restants. Actuellement deuxième de leur groupe de National 2, Bordeaux accuse six points de retard sur les leaders de La Roche-sur-Yon.

L'annonce est intervenue dimanche soir après qu'Irles ait été placé en mise à pied disciplinaire suite à deux défaites consécutives : une défaite 0-1 à La Roche-sur-Yon le 21 mars et une désastreuse défaite 1-3 à domicile contre Chauray samedi.

Mission immédiate : combler l'écart

Mavuba fait face à un défi immédiat. Sept matchs restants.

Bordeaux doit non seulement dépasser La Roche-sur-Yon mais aussi décrocher la meilleure deuxième place parmi les trois poules de National 2. Cette voie particulière vers la montée dépend des relégations administratives de la division supérieure ou des restrictions financières empêchant les équipes promues de monter. La marge d'erreur a disparu.

L'ancien milieu de terrain est arrivé dans le staff d'entraîneurs de Bordeaux en 2020 après avoir mis fin à sa carrière de joueur. Il a commencé avec l'équipe U14 avant d'être promu directeur de la préformation en 2022. Son expérience senior précédente remonte à son poste d'entraîneur adjoint à Mérignac-Arlac lors de la saison 2019-2020, lorsque l'équipe a terminé 13e en National 3 avant que le COVID-19 n'interrompe les compétitions.

L'homme qui a sauvé une génération

La nomination de Mavuba porte un poids au-delà des résultats immédiats.

Lors de la faillite de Bordeaux à l'été 2024, il est intervenu personnellement pour maintenir l'hébergement des jeunes et empêcher un exode de joueurs. Son travail avec la soi-disant « Génération 2009 » a produit des résultats remarquables. L'équipe U16 reste invaincue avec 18 victoires en 18 matchs, en tête de leur poule régionale avec quatre matchs restants.

En mai, ils affrontent Poitiers en barrage de montée pour atteindre le niveau national U17. Ce match compte énormément pour la capacité du club à attirer les talents régionaux et à retenir les joueurs actuels. Mavuba devra maintenant jongler avec les deux responsabilités : pousser l'équipe senior vers la montée tout en préparant son équipe de jeunes pour leur moment décisif.

Un double défi

Le club fonctionne sans directeur sportif depuis septembre. Mavuba est décrit comme le dernier entraîneur salarié de l'académie encore employé par l'organisation. Il supervise maintenant à la fois les opérations de l'équipe senior et le développement des jeunes dans un club confronté à un vide structurel.

Il ne travaillera pas seul. Son ami d'enfance Antoine Verges lui apportera son soutien. Verges entraîne actuellement l'équipe réserve au niveau Régional 1 et apporte son expérience du National 3 et des compétitions régionales. Les deux ont déjà collaboré à Mérignac-Arlac.

Des racines profondes à Bordeaux

Mavuba connaît ce club intimement.

Il est passé par l'académie de Bordeaux et a fait ses débuts professionnels en 2003. En quatre saisons, il a disputé 154 matchs pour les Marine et Blanc avant de partir en 2007. Sa carrière internationale lui a valu 13 sélections pour la France entre 2004 et 2014, dont des apparitions à l'Euro 2012 et à la Coupe du Monde 2014.

Mais Lille OSC est devenu sa maison spirituelle. Il a disputé 370 matchs pour Les Dogues de 2008 à 2017, capitaine de l'équipe lors du titre de Ligue 1 en 2011. Son passage là-bas s'est terminé de manière controversée lorsque le propriétaire Gérard Lopez l'a placé dans le « loft » en 2017, mettant effectivement fin à sa carrière au plus haut niveau.

L'ironie est profonde. Lopez possède maintenant Bordeaux et a donné cette opportunité à Mavuba.

Un retour inattendu

La saison dernière, Mavuba a même brièvement rechaussé les crampons. Lorsque l'équipe réserve a fait face à un forfait général en raison d'un nombre insuffisant de joueurs, le quadragénaire de 41 ans s'est enregistré pendant deux mois pour maintenir l'équipe compétitive en National 3. Ce geste incarnait son engagement envers le club.

Un nom qui avait déjà circulé

Ce n'est pas la première fois que Mavuba émerge comme remplaçant potentiel.

En septembre dernier, la position d'Irles semblait précaire après des matchs nuls contre Avranches (0-0) et Granville (0-1). Le nom de Mavuba avait alors fait surface comme candidat interne naturel. Il possédait la qualification DESF requise (Diplôme d'État supérieur mention football), était employé par le club et représentait son histoire et ses valeurs.

La situation s'était résolue temporairement. Mais la fragilité sous-jacente demeurait.

Équilibrer plusieurs mondes

Mavuba poursuit son travail de consultant pour TF1, couvrant la Ligue 1 et le football international. Ce rôle médiatique apporte de la perspective mais ajoute une autre couche à un emploi du temps déjà complexe.

Les deux prochains mois le mettront à l'épreuve comme jamais auparavant. Course à la montée avec les seniors. Préparation des barrages avec les U16. Les deux portant un poids énorme pour un club encore en reconstruction après l'effondrement administratif.

Bordeaux fonctionne à partir de ce qu'un observateur a appelé une « page blanche ». Pas de directeur sportif. Personnel d'académie minimal. Un directeur de la formation maintenant propulsé sous les projecteurs de l'entraînement senior tout en maintenant ses responsabilités auprès des jeunes.

Toute la direction sportive du club repose sur les épaules d'un seul homme. Mavuba a sauvé une génération de jeunes joueurs quand d'autres auraient pu partir. Maintenant, il doit prouver qu'il peut obtenir des résultats au niveau senior tout en continuant à nourrir le vivier de talents qui représente l'avenir de Bordeaux.

Sept matchs pour combler un écart de six points. Un barrage pour sécuriser la crédibilité du développement des jeunes. La légende revient non pas pour la gloire, mais parce que quelqu'un devait faire un pas en avant. Si cela s'avère suffisant se définira dans les semaines à venir.

Partager cet article
Écrit par The Name Whisperer